Vivre ou survivre

Et si on n’avait jamais appris à exister ?

Pendant longtemps, j’ai cru que j’existais. Parce que je faisais. Je travaillais, j’apprenais, je produisais, je servais, j’étais utile. Mais un jour, mon corps m’a dit stop.

Le corps ne ment pas

mode survie

mode survie

Il y a un mois, j’ai perdu la sensibilité de ma main droite pendant deux heures. Ma tension est devenue instable, en dents de scie. Systolique trop haute, pression pulsée trop basse. Un déséquilibre intérieur profond, que la médecine peut difficilement traduire, mais que mon corps, lui, connaît bien : il me crie que quelque chose ne va pas.

Il me dit d’arrêter de faire. Et surtout, d’apprendre à être. Mais je ne sais pas faire ça. Je ne l’ai jamais appris.

Survivre au lieu de vivre

Je fais pour exister. Travailler, me former, structurer, organiser (enfin, essayer). Mais pourquoi ? Pour qui ? Je ne sais pas. Mon cerveau fonctionne ainsi : tant que je suis productive, je me sens valable. Mais le reste ? Le plaisir, la joie simple, les moments gratuits ? Je suis incapable de m’y autoriser.

Je suis alexithymique, c’est-à-dire que j’ai du mal à identifier et comprendre mes émotions. Je pleure sans savoir pourquoi. Je me sens mal sans pouvoir poser de mots dessus. Et surtout, je culpabilise dès que je prends du temps pour moi. Lire un livre pour le plaisir m’a récemment fait éclater en sanglots. Pourquoi ? Parce que c’était juste pour moi. Et ça, mon système intérieur ne le permet pas encore.

Même le plaisir devient douloureux

Je possède une piscine. J’adore l’eau. Et pourtant, je ne peux pas m’y baigner seule. Le simple fait d’y penser me plonge dans un stress profond. C’est comme si le plaisir était interdit, comme si je devais le mériter, ou demander une autorisation que personne ne me donnera jamais.

Un samedi matin, j’ai essayé. Je suis restée deux ou trois minutes dans l’eau, les larmes aux yeux. J’aime ça, mais mon corps se crispe, ma gorge se serre. J’ai cette sensation étrange et bouleversante : je ne me sens pas légitime d’exister. Et pourtant, je n’en peux plus de survivre. Je veux vivre.

Reprogrammer son cerveau pour exister

vivre ou survivre

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Alors j’ai pris une décision. Je vais reprogrammer mon cerveau. Non pas pour devenir quelqu’un d’autre, mais pour découvrir celle que je suis vraiment, sous les couches de conditionnement, de peurs et de culpabilité.

Et je vais commencer par le tout début : répondre à mes besoins primaires. La fameuse pyramide de Maslow. Boire quand j’ai soif. Manger quand j’ai faim. Me reposer quand je suis fatiguée. Me faire plaisir, un petit peu, sans culpabiliser. Ne plus me dire : « j’ai autre chose de plus important à faire ». Car je suis importante. Mon bien-être compte.

Ce n’est pas simple. Ce n’est pas immédiat. Mais c’est possible. Et ce n’est pas parce que je suis en larmes que je ne progresse pas. Pleurer, c’est aussi lâcher. C’est déjà exister.

Et vous, avez-vous appris à exister ?

Je partage tout cela parce que je suis certaine de ne pas être seule. Peut-être que vous aussi, vous avez grandi en étant utile, sage, discret, performant. Peut-être que vous aussi, vous ressentez cette culpabilité à l’idée de vous reposer ou de vous faire plaisir.

Mais j’ai une bonne nouvelle : on peut apprendre. On peut rééduquer notre cerveau, reconnecter notre cœur et notre corps, (re)prendre contact avec nos émotions, petit à petit. Il n’est jamais trop tard.
Et surtout, on a le droit d’exister. Pas seulement de faire. Être. Pleinement.

Alors, Vivre ou survivre ?
Merci de nous partager votre expérience !

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